Exposition participative : Mail Art !


En octobre 2018 le Satellite Brindeau, Lieu d’art contemporain et du spectacle vivant au Havre, organise sa première exposition Mail Art. Toute personne nous envoyant par la poste sa création participera de fait à l’exposition. Adresse d’envoi: Satellite Brindeau, 56 rue Gustave Brindeau 76600 Le Havre.
Nous commençons à recevoir des enveloppes, alors à vous de jouer, (Pas de thématique particulière).
L’enveloppe reçue ne sera pas renvoyée à l’expéditeur, mais sera disponible dans le lieu à la fin de l’exposition.

Pour les personnes qui voudraient en savoir plus, renseignements au 02 35 25 36 05, sinon voici le texte officiel du Musée de la Poste:

Une œuvre se nomme Mail Art si elle est véhiculée par La Poste, oblitérée, affranchie, adressée à un destinataire et comporte l’adresse de l’expéditeur.
Le Mail Art ne doit pas être confondu avec l’art postal qui consiste à prendre La Poste et les objets postaux comme source d’inspiration.
Le Mail Art recouvre un champ d’action très varié : des cartes postales artisanales, des enveloppes décorées ou des objets insolites (bouteilles, boîtes métalliques…) pouvant transiter par La Poste.
Un japonais expédia, par exemple, une pieuvre séchée non emballée, avec une adresse calligraphiée à l’encre d’or, qui parvint à destination.
Le Mail Art trouve son origine dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les images sont encore rares, seules quelques affiches et gravures dans les livres et journaux sont à la disposition du grand public, avec l’engouement pour la carte postale illustrée (France, 1889) dû en partie à son affranchissement à tarif réduit, le miracle s’opère : des milliers d’images, photographies, dessins circulent. L’art entre dans tous les foyers, créant ainsi une véritable démocratisation de la pratique épistolaire.
En parallèle, quelques artistes littéraires tels Mallarmé, Apollinaire…jouent avec la correspondance : des adresses sont écrites sous forme de rébus, de calligramme ou de poème.
Mais nul n’envisage encore la lettre comme support de création plastique : œuvre originale et pièce unique.
Cette seconde nature donnée à la lettre, on la doit dans les années 20 aux mouvements artistiques tels les Futuristes italiens (Marinetti, Balla…), les Dadaïstes (Marcel Duchamp, Kurt Schwitters…), les Surréalistes (André Breton, Dali…) qui s’intéressent à cette nouvelle forme d’art : des papiers à lettres décorés, des envois poétiques, des collages ou des cartes postales décorées s’échangent en cercle restreint, incitant à une réflexion sur la communication.
A la fin des années 50, les courants Post-Dada, le nouveau réalisme, le Pop’art et Fluxus reprennent ces pratiques : le Mail Art est né ! Ray Johnson en est l’initiateur avec l’école qu’il crée en 1962 : « la New-York Correspondance School of Art ».
Timbres et cachets fabriqués par l’expéditeur, collage et découpage de matériaux divers s’organiseront alors avec pour seul mot d’ordre : « transformer une création originale en œuvre d’art posté ».
Dans les années 70, des réseaux se multiplient en Italie, aux Pays-Bas, dans les pays de l’Est, en Amérique latine. On dénombre plusieurs milliers de mail-artistes.
Le Mail Art est officiellement reconnu dans les expositions : en 1971, la Biennale de Paris organise une section Mail Art.
Dans les années 80, le Mail Art connaît un développement nouveau : le nomadisme. En 1984, Hans Ruedi Fricker, un artiste suisse, revendique l’idée que les mail-artistes se rencontrent réellement. Dans cette perspective, est organisé, en 1986, au Brésil, le 1erCongrès décentralisé autour du monde. Il permet la rencontre entre des correspondants qui se connaissent parfois depuis plus de dix ans sans jamais s’être rencontrés. De nouvelles attitudes et stratégies artistiques se basant sur le contact personnel se développent dans le monde entier.
Dans les années 90, les artistes du Mail Art dont la volonté première est de se « connecter » entre eux s’intéressent à ces nouvelles technologies qui modifient le rapport espace-temps : elles marquent l’avènement d’un nouveau type d’artiste : le networker. Fax et internet remplacent le règne de la communication écrite.
Aujourd’hui le Mail Art reste pratiqué par des milliers de correspondants, membres d’un réseau existant, déclaré, ou néophytes occasionnels.
Une philosophie au-delà des mots et qui continue de séduire.

 

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