[Archives] Une lumière au-dessus des vagues


Une lumière au-dessus des vagues

Création du théâtre de la Manicle – 1998

Un spectacle de théâtre pour tous les publics dès l’âge de 7 ans. Coproduction Droit de Cité, Villesde Harnes, Avion et Carvin.

Prospéro vit retiré sur une île peuplée d’esprits avec son bébé Miranda. Shakespeare !

À travers le prisme et la magie du théâtre qui permet de raconter la vie, ce qu’elle pourrait être, c’est une réflexion originale et actuelle qui passe par les yeux et les sens de Miranda. Une comédienne, un chômeur étranger et un homme d’affaire quelque peu maquignon, tels sont les trois personnages que Prospéro présente à sa fille devenue belle jeune femme pour illustrer la société : la nôtre.

Un spectacle où les enfants trouvent refuge et où l’on sourit et rit.

L’histoire

Le Théâtre de La Manicle était en cours de recherche et d’expérimentation sur le thème du « travail » . Les idées et les pratiques se confrontaient, s’épaulaient. Dans cette démarche, nous avons relu le texte de « La Tempête » ; mais, loin de vouloir l’adapter, nous avons seulement repris le canevas : un homme, rejeté de la société, a vécu vingt ans avec sa fille dans un endroit à l’écart du monde. Cet homme va faire venir dans son monde d’autres hommes pour les affronter.

Comme les personnages de Shakespeare, nous nous retrouvions sur la « plage blanche » de notre grand livre. Il fallait à notre écriture un sens dans lequel aller mais aussi le temps de s’y rendre. C’est donc un travail conjoint qui s’est entamé, entre jeu théâtral et écriture. La rédaction du texte a commencé à partir d’improvisations sur un synopsis et s’est poursuivie au long des répétitions jusqu’à ce que se réalise une osmose entre le texte et le travail de plateau.

« Une Lumière au-dessus des vagues » raconte le désir de liberté de Miranda et l’envie qu’a Prospero de garder sa fille auprès de lui. Il fait venir des personnages du monde qu’elle aimerait connaître, en espérant que leur exemple la dissuadera de partir. C’est cette rencontre que le spectacle propose de vivre. Qui sont ces personnages ? Quelle est leur vie ? Qu’apportent-ils ? Quel sera le choix de Miranda au bout de ce parcours initiatique ?

Jean-François Toulorges, auteur

La mise en scène

La démarche de travail qui a prévalu à la réalisation du spectacle a été volontairement évolutive. La création s’est étalée sur une année, au long d’un processus de recherche mettant en collaboration toute l’équipe artistique en abordant dès le départ tous les secteurs : texte, musique, scénographie et plateau. Sur une année, les thèmes et choix initiaux se sont ainsi enrichis de l’échange et de l’imbrication complémentaire des disciplines .

Notre volonté est par là même de concevoir un théâtre fédérateur d’arts en créant dans la mise en scène une mise en harmonie de toutes les pratiques artistiques qui le composent.

Cette méthode a permis à la mise en scène de capter les énergies pour faire un spectacle tonique dans lequel le geste et la voix ont toute leur place.

Cette démarche a permis de traiter, au travers d’un conte moderne, de problèmes qui remettent en cause les équilibres de notre société, et tout particulièrement la relation au travail, la faillite des systèmes, les échecs et les espoirs des hommes et de leurs idées.

Le spectacle s’est construit autour de la Tempête et d’Ubu avec beaucoup d’humilité en utilisant des fils dont ces oeuvres sont tissées pour faire naître autour de cette rencontre une fantaisie originale.

La mise en scène s’est donné pour objectif de soulever les questions, de frictionner les idées, à la manière du théâtre, sans ménagement, mais avec ironie, et humour parfois caustique…

Georges Vérin, metteur en scène

Le décor

Prospéro oeuvre à son accomplissement. Sa voie est celle de la connaissance. L’exil lui accorde de s’abstraire d’un monde qui se déchire, ce qui le favorise dans sa quête d’harmonie. Sur les ruines de ce monde dont il est issu et qu’il ne renie pas, il établit une « plate-forme » et y dresse une tour. Son île ainsi constituée devient un lieu et un instrument idéal d’observation, d’expérimentation et de médiation. Une vie intérieure habite cette île et y circule comme un organisme. Prospéro, le conciliateur et l’ordinateur de ces forces élémentaires, peut ainsi accroître ses pouvoirs et étendre ses actions dans le temps et dans l’espace.

François Lestrade, scénographe

La musique

La partie musicale se déploie suivant deux axes. Une partie sur bande donne la possibilité d’introduire une distance, un espace, ou aussi un espace de temps. Cette musique électroacoustique permet à la fois une déréalisation et une précision très concrète. Il y a aussi une participation physique des acteurs à la musique : avec le corps, avec la voix, avec des éléments du décor (tonneaux, tuyaux).

Voici quelques idées sonores et musicales sur lesquelles j’ai basé mon travail : les éléments naturels ; l’opposition entre les éléments et les hommes ; la magie, les effets (sons inouïs, transformations), la spatialisation du son ; le travail, souvent répétitif (rythmes, ostinatos, boucles, « machines »).

J’aimerais, avec cette pièce, contribuer à entraîner une interrogation, par la poésie, la dérision et la provocation. Ma musique est basée sur le geste, les modes de jeu, les morphologies sonores, les objets sonores, sans renier un certain lyrisme, un élan, une force vitale que je veux communicative, et avec aussi peut-être une touche d’humour ou de distance ironique.

La partie électroacoustique de la musique a été réalisée au studio Ligys, qui est une association regroupant quatre compositeurs.

Nicolas Vérin, compositeur.

L’équipe

Texte de Jean-François Toulorges
Mise en scène de Georges Vérin, assisté de Nadine Dumonceau
Scénographie de François Lestrade, construction de Denis Bourel
Costumes conçus et réalisés par Marie Hameau
Musique de Nicolas Vérin, assisté d’Arnaud Sallé
Régie et création lumière de Rachid Kabous
Avec Hervé Furic, Céline Dupuis, Paul Jeary, Roland Peyron, Pat Uttley

Revue de presse

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