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A MOI GARGANTUA !

création du théâtre de la Manicle – 2003

affiche du spectacle

Il n’en démordra pas, le terrible, le hargneux, l’abominable Picrochole : il va déclarer la guerre au bon géant Grandgousier. Un festin croustillant et moderne où l’éternel Rabelais retrouve une seconde jeunesse : les éclats de rire n’en seront qu plus énorme ! Avec l’adaptation du roman gargantuesque de Rabelais, la compagnie havraise de la Manicle associe l’ancien au moderne en insérant l’art vidéo dans le théâtre.

L’histoire

À la suite d’une simple bagarre à propos de « fouaces » (sorte de pains), Picrochole, roi de Lerné déclenche une guerre sanglante à son voisin le roi Grandgousier, père de Gargantua.

Tout d’abord, Picrochole envoie ses quelques treize mille six cent vingt-deux soldats pour dévaster le pays de Grandgousier, une artillerie impressionnante qui s’attaque à tout ce qu’elle trouve sur son passage : porcs, truies, gorets et quelques fermiers…
Puis elle veut s’attaquer à l’abbaye de Seuillé (ainsi qu’à sa vigne !)… Tout ceci sans compter sur l’intervention musclée du vaillant moine de Seuillé : Frère Jean, qui chasse ces malotrus à coups de bâton (ils n’auraient jamais dû s’attaquer à la boisson divine !).

Devant l’ampleur de cette guerre, Grandgousier fait appel à son géant de fils, Gargantua… La riposte est fatale aux soldats de Picrochole.

En effet, malgré une défense acharnée des canonniers, ils sont tous noyés à cause du cheval incontinent de Gargantua ! Résultat : une crue immense qui fait des milliers de morts et deux villages dévastés par la guerre. Et tout ceci pour quelques vulgaires brioches !

Mise en scène : Pat Uttley
Scénographie: Jérôme Le Goff
Art vidéo :  Jérôme Le Goff
Musique : Nicolas Vérin
Réalisation des costumes : Brigitte Tanquerel
Régie générale : Léonard Coëffic

Le traitement sur le mode humoristique, imposé par l’écriture (« …rire est le propre de l’homme… »), nous permet, tout en gardant nos distances face à l’actualité, d’aborder le sujet de la guerre de manière pertinente avec l’esprit d’analyse qui s’impose.

Le jeu du comédien combiné d’une part à l’utilisation d’images vidéo ponctuant le spectacle, et d’autres part d’objet animés manipulés : des boites de conserves, représentation de guerriers favorise cette distance, et traduit parfaitement les relations d’échelle entre le monde des géants et celui du peuple de Picrochole.

Les allées et venues entre ces différentes techniques nous fournissent les moyens de servir la fable tout en montrant le caractère contemporain de la pensée de Rabelais.

La presse en parle…

Le Havre Libre - 25 juillet 2003

GARGANTUA A LA MODE VIDEO

Le théâtre de la Manicle adapte le Gargantua de Rabelais dans une pièce intitulée « A Moi Gargantua ! La Guerre des Fouaces ».

Ou comment l’art vidéo communie avec le théâtre contemporain…

Avec l’adaptation du roman gargantuesque de Rabelais, la compagnie havraise de la Manicle associe l’ancien au moderne en insérant l’art vidéo dans le théâtre. Le projet est ambitieux, surtout pour une équipe réduite de trois comédiens, Jérôme Le Goff, Pat Uttley et Georges Vérin, un metteur en scène, toujours Pat Uttley, et deux techniciens. « C’est un véritable challenge dans la mesure où la création comprend un grand nombre de personnages ». Et pour une fois les rôles sont inversés : c’est Pat qui met en scène et Georges qui est sur les planches.

Le spectacle montré à partir de ce vendredi au Prieuré de Graville relate l’épisode de la guerre picrocholine. Picrochole, un guerrier, veut déclarer la guerre à son voisin Grandgousier, le père de Gargantua. Humaniste, celui‑ci cherche à éviter le combat à coup d’arguments lors de négociations. Pourquoi ? Les comédiens appréciaient l’œuvre rabelaisienne ; mais à cause de la situation internationale, la création correspondant aux débuts du conflit en Irak, « Il existait des parallèles évidents entre le roman et le contexte politique », estime Pat.

Nouvelles technologies
Pour cette pièce, ses créa­teurs ont décidé d’utiliser l’en­semble des savoir‑faire : Georges et Pat, les marion­nettes et le théâtre ; Jérôme, l’art vidéo. « Il s’agit à la fois d’une synthèse et d’une volonté d’utiliser les nouvelles techno­logies dans le spectacle contemporain », précisent‑ils. « L’art vidéo permet de faire le décalage par rapport aux scènes de violence. Il donne également la possibilité de montrer des choses impossibles à faire sur scène ».

La vidéo, projetée en arrière-plan, dévoile des plans fixes très simples : des papiers, des corps, les projections des personnages. « Une image nettoyée peut avoir une multiplicité de sens poursuit Jérôme Le Goff, le vidéaste de la troupe, Elle donne, un sens interprétatoire à la fantaisie et au conte de Rabelais. ». Cet outil est ainsi devenu le quatrième personnage de la pièce. Les comédiens ont dû s’y adapter en développant un jeu sobre et minimaliste, les images projetées étant déjà, suffisamment fortes, « Nous nous déplaçons peu par exemple », explique Pat.

Première étape. 
Avec l’arrivée de Jérôme dans ses rangs, l’équipe artistique de la Manicle a pris un virage multimédia. Ce spectacle est une première dans l’art vidéo. « Il y a telle­ment de choses à découvrir et à mettre en place., On veut res­ter dans cette optique pour les prochaines créations », confie Jérôme. Et Pat d’ajouter, « On a toujours été très curieux dans l’exploration des nou­velles technologies. Ici la vidéo dépasse le cadre du simple décor. Elle fait partie inté­grante de la pièce par sa com­munion avec le théâtre. C’est une sorte de spectacle théâtral multimédia. »

Enthousiastes, les comédiens envisagent de reconduire la pièce à partir du mois d’octobre à la Manicle, cette fois, et dans des festivals.

Valérie BERTHOULE

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